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Ferdinand Schirren
Visite du Soir
 (Avis de la rédaction)
DERNIERS JOURS -
Quand Ferdinand Schirren entre en peinture à Bruxelles en 1904, il a trente-deux ans et déjà un passé de sculpteur qui s'incarne dans le buste brutal, surexpressif de madame Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la société de théosophie, tendance spiritualiste occulte très en vogue. Bruxelles autour de 1900 participe d'une des périodes les plus novatrices de l'art moderne européen. Schirren se découvre peintre au moment, précisément, où la "Libre Esthétique", salon phare, accueille Monet, Manet, Van Gogh, Seurat, Van Rysselberghe, Ensor... fine pointe de cette qualité et diversité esthétiques. Fils de négociants originaires de Riga, Schirren s'inscrit dans ce contexte tendu entre un post-impressionnisme mature et une avant-garde qui glissera progressivement vers l'abstraction. Ses tâtonnements esthétiques et idéologiques se reflètent dans l'inconstance de la qualité tangible dans l'expo. Elle confirme son statut de peintre pourvu d'un joli talent mais sans génie, capable de mièvreries et de fadaises comme de purs et mélodieux morceaux où l'image irradie, lumineuse, impalpable. Les poissons rouges, la femme au piano et la femme en bleu (des huiles), quelques paysages aux troncs d'arbres et natures mortes sont du nombre. Très bel aquarelliste, il a contribué à donner au genre ses (modernes) lettres de noblesse. Mais, à côté du "Fauve brabançon" que fut Rik Wouters, Schirren reste un second couteau même s'il le précéda dans la déconstruction du sujet en notes de couleurs. Dès 1906, en effet, il délaisse la ligne et de la forme concrète. Ces aquarelles "dissociées" n'auront qu'un temps. En bon sculpteur, l'artiste cherchera à reconstruire l'image dans une relative intégrité sans renoncer à la lumière et la couleur.
(par DANIELE GILLEMON - édition du 30/11/2011)
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