DERNIERS JOURS -
Notre entretien et
les images.
José Muñoz a le pinceau et le crayon qui dansent au rythme du bandonéon des bars de Buenos Aires. Ses cases noires pulsent de désirs inassouvis. Dans ses albums de bande dessinée, Alack Sinner, le privé new-yorkais créé avec Carlos Sampayo, enquêtait au coeur de décors expressionnistes pour témoigner du cynisme du monde. Son autre série majeure, le Bar à Joe, mettait la question de la condition humaine sur le zinc.
En 2012, José Muñoz expose à Bruxelles pour oublier les fêlures et la désespérance. Il dévoile 90 pièces, dont quarante illuminent la galerie Champaka de couleurs chaudes, aux frontières parfois de l'art abstrait. Ces oeuvres spontanées, humides d'une intense émotion, nous disent de nous méfier des images et des mots. Elles voyagent à l'écart de la bande dessinée à travers l'enfance et les souvenirs argentins de l'artiste.
DANIEL COUVREUR
(édition du 14/03/2012)