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Invader
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 (Avis de la rédaction)
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Allô Dominique ? Ici l'Envahisseur. On ne téléphone pas à l'Envahisseur. Il vous contacte. Bingo ! Pourquoi l'artiste a-t-il choisi Bruxelles pour sa nouvelle intervention ? "C'est un rendez-vous qui aurait lieu un jour, déclare la voix. L'attaque des Space Invaders s'est déroulée très vite. Une semaine d'attaque-éclair !" Au bout du téléphone, la voix d'Invader, auteur des petits monstres en mosaïque qui grouillent sur les façades de la capitale de l'Europe. Naissance : 1969. Nationalité : Français. Études : Beaux-Arts, Rouen. Ce pionnier du street art a lancé sa première invasion en 1996, à Paris. Contamination : 82 villes, dans le monde entier.
Invader adopte la démarche d'échantillonnage coloré grâce aux six couleurs du Rubick's Cube. Il sème ses interventions comme les bornes d'un jeu infini, emmenant le voyageur d'un plateau à l'autre, de Paris à Amsterdam, Londres, Monaco, New York. Son inspiration : un jeu vidéo d'arcade terriblement trendy. Space Invaders, - génération Pac Man -, a été lancé au Japon en 1978. Aux commandes d'un vaisseau, il fallait défendre la Terre contre des escadrilles d'envahisseurs venus de l'espace. Ils sont parmi nous.
"Lorsque je ne connais pas la ville, je prépare l'intervention, confie Invader. Il faut comprendre le réseau urbain, trouver les spots névralgiques. Je pratique une acupuncture urbaine. C'est chaque fois une nouvelle aventure. Je marque le plus souvent les lieux symboliques de la ville. Je travaille camouflé. C'est une position judicieuse : reconnu mais pas connu. Cela vient du graffiti. Contre l'ego et les cinq minutes de gloire. C'est aussi un jeu avec le public et les médias."
Baskets et blouson sur les yeux, voix masquée au téléphone, Invader appartient à la culture Cure, Daft Punk, The Smiths, Run-DMC. L'envahisseur débarque dans une ville avec ses valises de céramiques. Chaque élément est préalablement assemblé en atelier. Une échelle, quelques cônes pour le protéger du trafic, et le voilà qui donne un nouveau petit compagnon à Manneken Pis ! Il emploie un outil télescopique pour poser et coller ses pièces a des hauteurs inattaquables.
Les pixels Space Invaders sont reliés à une exposition dans une galerie bruxelloise. L'invitation d'Alice Gallery à exposer permet d'envahir une ville : "En street art, c'est l'artiste français le plus connu, déclare le galeriste Raphaël Cruyt. Il a d'ailleurs décroché le prix de l'e-réputation dans ce domaine. A Paris, dans une foire d'art contemporain, un type a collé un sticker sur notre stand, sans un mot. C'était lui. On l'a contacté pour faire quelque chose de conséquent à Bruxelles. Comme d'autres, il a un pied dans le marché de l'art et l'autre dans l'action urbaine, en marge de l'art contemporain. Invader a aussi réalisé une carte affective de Bruxelles avec parcours GPS. Il révèle la manière dont il a traversé la ville. C'est aussi un jeu de scores avec des points de difficulté pour chaque pièce placée."
La montée d'adrénaline, la transgression, la photographie qui immortalise le geste font partie des codes du street art. "Certains Space Invaders sont arrachés par des collectionneurs ou des gens qui n'aiment pas cela, poursuit le galeriste. D'autres sont surveillés jalousement par les habitants."
DOMINIQUE LEGRAND
(édition du 02/05/2012)
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