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Tapisserie ou papier peint ? Un art contemporain
Visite du Soir
Non, le papier peint ne se trouve pas uniquement dans les grandes surfaces spécialisées. Et non, il n'est pas uniquement décoré de motifs floraux ou de nounours pour la chambre des petits. Avec son exposition "Tapisserie ou papier peint ? Un art contemporain", le Tamat (Centre de la tapisserie, des arts muraux et des arts du tissu de la Fédération Wallonie-Bruxelles) propose de regarder d'un oeil neuf ce qui d'art décoratif peut parfois se muer en art tout court. Pour ceux qui en douteraient, il suffit de rappeler que ces derniers temps, on a vu des papiers peints d'artiste dans les plus hauts lieux de l'art contemporain. Chez nous, au Mac's du Grand-Hornu ou au Centre de la gravure à La Louvière. A l'étranger, par exemple, dans l'actuelle exposition que la Tate Modern consacre à Damien Hirst qui a tapissé des salles entières avec certains de ses motifs. On peut même s'en procurer quelques rouleaux à la boutique. Remontant au 16e siècle, ce type de décoration murale a connu des modes, des phases d'engouement puis de désintérêt. On l'a longtemps réalisé à la main avant de passer à l'impression mécanique au 18e siècle. De décoration de luxe pour privilégiés, il est devenu un produit de consommation courante habillant un grand nombre de nos maisons et témoignant (comme le montre actuellement l'exposition British Design 1948-2012 au V&A de Londres) des tendances et des valeurs d'une époque, d'une société. A Tournai, Denise Biernaux, commissaire de l'exposition, a rassemblé une série d'artistes aux approches très différentes. D'une part, on découvre le travail de création pure de quelques entreprises spécialisées comme Arte, Flocart et François-Xavier Richard/Atelier d'Offard dont on découvre également la pratique dans une intéressante vidéo. Mais on plonge aussi dans les visions parfois très surprenantes de quelques artistes. On retrouve ainsi Hélène Amouzou et ses autoportraits où elle semble littéralement disparaître dans les murs couverts de papier peint. On s'interroge devant les photographies très intrigantes et très fortes de Sarah Wesphal. On est sidéré par l'installation de Vincent Chenut avec ses murs aux papiers grattés et son sol jonché des déchets ainsi produits, créant un environnement en relief dont la (fausse) décrépitude donne naissance à une succession d'images à la fois inquiétantes et fascinantes. Dans un style plus délicat, Billie Mertens propose un papier peint dans lequel sont découpées d'innombrables petites portes comme dans les calendriers de l'Avent. Derrière chacune de ses portes, une forme organique se dissimule. Patrick Corillon mélange poétiquement le récit et la vision de celui-ci dans un texte se développant au fil des murs et des effets d'impression. Quant à Michel Cleempoel, il réalise de merveilleux "papiers feints" qui ont toutes les apparences du papier peint mais, réalisés par un système d'animation sophistiqué, nous réservent quelques très belles surprises.
(par JEAN-MARIE WYNANTS - édition du 30/05/2012)
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