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Les Etrusques
Visite du Soir
  (Avis de la rédaction)

C'est l'Italie avant Rome, ressassent les manuels d'histoire. Un détail..., le début de l'Empire romain. Fatale erreur ! Il subsiste autour des Etrusques un halo de mystère soigneusement entretenu, et ce avec une efficacité redoutable par les Romains en premier qui ont littéralement détruit la source des apports qui ont permis leur suprématie.

En s'attaquant à la civilisation étrusque, ses cités états les plus prestigieuses, ses figures fabuleuses, le Musée gallo-romain de Tongres lance un magnifique pavé dans le bleu de la Méditerranée. Dans la pénombre du mystère d'une civilisation occultée par la triade Egypte, Grèce et Rome, quelque 400 objets sont les jalons qui conduisent le visiteur en Etrurie (environ la moitié de la botte italienne, une région qui correspond à l'actuelle Toscane, l'Ombrie et le Lazio) : "Le but de l'exposition, précise le coordinateur Bart Demarsin, est de restituer l'importance de la civilisation étrusque au sein des cultures méditerranéennes, de montrer ses influences, ses techniques d'assimilation du répertoire figuratif orientalisant, mais aussi son impuissance, jusqu'à l'indifférence à la composition organique."

La scénographie entrechoque des faisceaux de lumière déposée sur les objets les plus fabuleux et le noir de l'au-delà, les lions ailés, les chimères et les croyances religieuses. Le bleu de la mer évoque les échanges commerciaux. L'or symbolise les trésors découverts dans les tombes aristocratiques. Le visiteur pénètre dans "una storia particolare", une histoire singulière absolument passionnante.

Le saviez-vous ? Nous employons des mots étrusques. Le mot "personne" dérive de "phersu" qui signifie masque en langue étrusque. Satellite ? Pas si moderne que cela : les Etrusques employaient ce terme pour signifier une personne entourée d'autres. Communément considérés comme romains, nos chiffres sont en fait une déclinaison étrusque avec passage par Rome. Tout comme la religion romaine et ses divinités ne sont que des emprunts à la culture étrusque.

"Pendant 1.000 ans, avec l'apogée du VIII au Ve siècle, l'Etrurie a été un pôle majeur dans l'histoire du bassin méditerranéen, surtout dans ses contacts avec les Grecs et les Phéniciens, reprend Bart Demarsin. Les Etrusques ont constitué un lien important entre la mer Egée et nos régions. Notre alphabet provient de la culture étrusque, même s'ils écrivaient de droite à gauche. La tombe d'Eigenbilzen, la plus riche tombe celtique de Belgique, contenait des objets étrusques, preuve tangible d'échanges même très lointains."

Pratiquement tous les objets exposés proviennent de tombes aristocratiques : poteries, aiguières, vasques sur trépieds, bijoux décorés de fils d'or, urnes cinéraires, miroirs en bronze aux scènes mythologiques, élégantes statues de guerriers, de divinités et d'animaux fabuleux mettent en scène l'univers culturel étrusque. Parmi les pièces maîtresses, sous un filet d'or, les objets provenant de la tombe Regolini-Galassi (Cerveteri) démontrent l'extraordinaire richesse de l'art étrusque du VIIe siècle. Les visiteurs peuvent découvrir une reconstruction en 3D de la tombe à hypogée. La tombe est composée de deux pièces principales, séparées par une demi-cloison en tuf, de deux cellules latérales symétriques de forme ovales et d'un couloir en pente. Dans la chambre du fond, les archéologues ont exhumé une sépulture féminine. La défunte, recouverte d'or, est sans doute une femme de haut rang, voire une princesse. Les archéologues ont également mis à jour une importante quantité d'artefacts précieux (bijoux en or, boucliers de parade en bronze, vases en argent...). Une partie de ces pièces sont conservées au sont conservées au Musée grégorien étrusque du Vatican.

"La culture étrusque est un assemblage de traditions et d'influences, reprend le coordinateur d'une exposition qui dispose de superbes prêts en provenance de Rome, du Vatican, de Florence de nos Musées royaux d'art et d'histoire, de Trêves etc. Nous mettons en avant leur maîtrise technologique, notamment le travail du bronze et de la céramique." Des écrans interactifs initient le visiteur à la langue étrusque, aux rites religieux comme la "lecture" divinatoire d'un foie de mouton !

Les récentes recherches archéologiques ouvrent encore l'éventail des connaissances : si les nécropoles aristocratiques ont été fouillées en premier, on s'intéresse maintenant à la vie quotidienne, à l'évolution de la manière de vivre.

Il existe deux images absolument symboliques de la culture étrusque : la chimère inspirée du modèle corinthien et le couple d'époux du sarcophage de Cerveteri. Connu des Grecs et du Moyen-Orient, le concept du banquet auquel assistaient un homme et son épouse est une référence cultuelle étrusque. Cela révèle l'importance accordée à l'épouse et mère, sans accorder de rôle majeur à la femme.

Du point de vue de l'histoire de l'art, il s'agit de comprendre comment une culture artistique s'est constituée en Etrurie et a donné vie à des formes aussi particulières dans les centres de Caeré, Tarquinia et Vulci. C'est l'installation d'artisans grecs et de potiers, à Naples notamment, qui ont donné une impulsion figurative de grande importance, développant un artisanat d'art doté de caractères originaux. La stylistique du personnage saisi de face, et non profil à l'égyptienne, corps dépourvus de proportions anatomiques, se retrouvent sur les céramiques peintes comme sur les fresques ou les frises qui ornent les tombes.

La peinture murale des chambres sépulcrales a pris un très grand développement à Tarquinia jusqu'à la fin du IIe siècle. Comment vivaient ces artisans ? Etaient-ils regroupés en ateliers ? On est à peine au début des recherches visant à localiser les ateliers artistiques les plus productifs en Etrurie, inéluctablement liés aux cités états majeures telles Caeré, Vulci, Tarquinia et Véies, première cité étrusque conquise et détruite par les Romains en 396. La forme la plus grossière reflète un primitivisme joyeux. C'est au VIIe siècle que l'art étrusque expérimente les apports grecs : une galerie de céramiques montre cette évolution, entre tendances spontanées et un vrai style d'assimilation.

En résumé, l'art étrusque simplifie tout rapport formel, que ce soit dans le répertoire des formes de bronze, les lamelles d'or, les terres cuites, la production du métal repoussé. Ce qui frappe à travers les siècles, c'est l'expressivité donnée aux visages, même dans un goût étrusque assez "international".

DOMINIQUE LEGRAND


 
(édition du 14/08/2013)
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