Votes du public
Voter pour cet évènement :
En partenariat avec NetEvents.be
L'Age d'or de la Chine
Visite du Soir
Notre visite en images.
Quand on visite ou évoque Xi'an, c'est avant tout pour la célèbre armée de terre cuite du premier empereur Qin qui a unifié la Chine. Xi'an a un autre visage : elle est située sur les fondations de Chang'an, l'ancienne capitale des empereurs de la dynastie Tang (618 à 907). Difficile de s'imaginer l'atmosphère cosmopolite qui grouillait dans cette ville, la plus grande de l'Eurasie médiévale avec un million d'habitants !
Pour transfigurer l'ambiance de cette métropole, à l'image de Rome, Bagdad, Athènes ou Constantinople, l'exposition L'Âge d'Or de la Chine plonge le visiteur en immersion totale. Réduisant le plan de la ville à l'échelle de l'église des Frères Mineurs, la scénographie nous fait passer par cinq maisons et des ruelles.
À travers un mobilier funéraire de haute qualité, ce voyage dans le temps nous introduit au sein de l'extrême raffinement de la culture Tang. La plupart des 150 objets sont inédits (seuls deux ou trois figuraient dans l'exposition d'Europalia Chine, La Route de la Soie). Fresques, céramiques polychromes de guerriers célestes ou des signes du zodiaque chinois, vaisseaux du désert que sont les chameaux, ornements en or, ce superbe artisanat d'art provient de tombes impériales et du temple Famen qui livra un fabuleux trésor, découvert en 1987 à la suite d'une catastrophe naturelle. Il s'agit du plus grand trésor de temple de la période Tang. Près de 300 objets intacts ont été mis au jour : céramiques glaçurées, reliques en or, argent, porcelaine, étoffes, miroirs en bronze, miniatures d'objets en jade et en cristal...
La ville de Chang'an était située au centre de l'Empire du Milieu. C'était non seulement le coeur de l'empire avec la résidence impériale Daming Gong, mais surtout le départ de la Route de la Soie, une artère vitale, un réseau de routes commerciales par où transitaient culture, religion et marchandises. "Tout convergeait à Chang'an, le commerce, les tributs de l'impôt et les hommes, explique Benoît Mater, conservatrice du Drents Museum. La Chine est de longue date un pays multiethnique. Les marchands persans se mêlaient à la population turco-chinoise et ils formaient une métropole, une ville chaotique où beaucoup de jeunes venaient étudier, où les marchés brassaient toutes les richesses, où les palais, les temples et les maisons se dressaient selon un quadrillage régulier."
Après la réunification de la Chine, l'ouverture politique et économique s'accompagne d'une ouverture des mentalités et de la société. La période Tang est celle d'une grande tolérance. A fortiori envers les femmes puisque c'est la seule dynastie qui connut une impératrice : Wu Zetian, ancienne concubine, régna sous le nom d'empereur Shengshen de 690 à 705. Dame de fer, c'était une femme d'une beauté incroyable comme le montre une élégante statuette.
L'époque Tang était une époque relativement libre pour les femmes. Parce que la culture et l'éducation se transmettaient plus généreusement aux filles, il n'était pas rare de voir des femmes contribuer aux arts picturaux, poétiques ou littéraires. Aux côtés de fonctionnaires en position d'humilité, la femme et l'enfant occupent une place de choix dans la culture Tang. Des statuettes d'enfants en terre cuite, emmaillotés, jouant avec un animal, ou dans le bain, révèlent l'importance du rôle des mères et de l'identification sociale. Épouse, mère, éducatrice, institutrice, conseillère, courtisane, la femme Tang a plusieurs visages. De magnifiques coiffures piquées d'épingles en bronze argenté encadrent des visages de dames bien en chair. C'est aussi la dynastie Tang qui a remplacé la silhouette svelte de la femme par un idéal de dames potelées, lignes ondulantes aussi élégantes qu'un défilé de mode.
DOMINIQUE LEGRAND
(édition du 16/05/2012)
Votre avis
|
|