"Venez rêver avec moi !" dit Méliès à la fin de Hugo. C'est ce que dit aussi Scorsese tout au long de son film enchanteur (cinq Oscars), inspiré d'un livre pour enfants de Brian Selznick. Sur écran, cela donne quelque chose de magique, féerique, dramatique, fantasque et poétique. Avec
Hugo, Martin Scorsese revisite les fantômes du passé cinématographique, rend un bouleversant hommage aux débuts émerveillés du 7e art et confirme si besoin est qu'il est un fabuleux magicien. Avec un souci du détail absolu, il fait renaître un Paris des années 30 pour conter l'histoire d'un jeune orphelin et d'un étrange automate dans une gare parisienne et son univers.
Des enfants, des chiens, l'intérieur des horloges mécaniques, des décors toujours en construction et la 3D : une folie pure assumée magistralement par le réalisateur des
Affranchis. D'une caméra virtuose qui se faufile ou s'évade dans des trappes et autres passages secrets, il invite à l'aventure en remontant aux origines du cinéma avec un casting judicieux et une mélancolie pleine de tendresse. Et la cinémagie de Georges Méliès reprend vie sous nos yeux. Rappelons que Scorsese est le fondateur de la World Cinema Foundation, qui se soucie de la préservation et restauration des films.
En supplément, des bonus ludiques et documentés sur le travail de Scorsese en coulisses, l'art mystérieux des automates et le savoir-faire audacieux de Méliès. Passionnant.
Notre critique du film et la bande annonce.
(par FABIENNE BRADFER - édition du 18/07/2012)