Rapt était inspiré par l'enlèvement du baron Empain, en 1978.
La raison du plus faible faisait librement référence au fait divers de Droixhe, en 1989.
Cavale, au coeur d'une fascinante trilogie (
Un Couple épatant /
Cavale /
Après la vie) racontait l'histoire d'un activiste révolutionnaire qui s'évadait de prison.
Les films de Lucas Belvaux sont en prise directe avec le réel. Et ce n'est pas
38 témoins qui change la donne, même si le cinéaste belge livre ici une version presque philosophique d'une affaire criminelle très ancienne. Librement inspiré par l'affaire Kitty Genovese, tiré d'un crime crapuleux qui se passa de nuit dans une ruelle new-yorkaise, en 1964, le film de Belvaux ne cherche à aucun moment à s'approcher de l'enquête criminelle et du profil de l'assassin. Non : le sujet du film est tout ailleurs. Lors du viol, suivi de l'assassinat d'une femme, qui hurla de longues minutes avant d'agoniser, il y avait tout proche 38 voisins. 38 témoins. Et personne n'a bougé.
C'est donc un film sur la responsabilité collective. Et sur la conscience. Qu'aurions-nous fait, nous-même, dans un tel contexte ? Nous serions-nous nous aussi bouché les oreilles ? Serions-nous intervenus ? Belvaux continue la passionnante réflexion en bonus. À voir.
Notre critique du film et la bande annonce.
(par NICOLAS CROUSSE - édition du 01/08/2012)