Tout comme le firent naguère Woody Allen dans Radio Days ou Federico Fellini dans Amarcord, Hugo, bien que largement inspiré du roman illustré de Brian Selznick (L'Invention de Hugo Cabret), est un film personnel, virevoltant, sentimental (et ce n'est pas un défaut), où Scorsese raconte, à sa façon, son enfance de cinéphile émerveillé. Une façon particulière, puisqu'il s'agit ici de celle, totalement fictive, de Hugo Cabret, un orphelin vivant en 1931 dans une gare parisienne et s'éprenant rapidement d'un vieux fabricant d'automates et de jouets. De fil en aiguille, le gamin apprend que derrière le vieux magicien brisé se cache le pionnier du cinéma, Georges Méliès (Ben Kingsley).
Hugo Cabret (Martin Scorsese) -Featurette [VO|HD] par Lyricis
Derrière ce conte de Noël, emmené par deux enfants merveilleux et filmé en 3D, Scorsese adresse une fervente déclaration d'amour au cinéma des origines, celui des frères Lumière, de Chaplin, Louise Brooks ou Harold Lloyd. Un cinéma qui, dans ses généreux balbutiements, empruntait tout à la fois à la magie, au cirque, au bricolage, au théâtre et même au sport. La douce puissance de ce film inattendu, de la part du réalisateur des Affranchis, c'est de transcender le petit côté carte postale du vieux Paris pour célébrer avec sincérité l'innocence originelle des premiers inventeurs de cinéma.
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(par N.Ce. - édition du 21/12/2011)