Zurich, 1904. Carl Jung, 29 ans, psychiatre, est au début de sa carrière et partage sa vie avec sa femme, Emma. S'inspirant des travaux de Sigmund Freud, Jung tente le traitement expérimental connu sous le nom de psychanalyse sur Sabina Spielrein, âgée de 18 ans. Sabina, jeune Russe cultivée qui parle l'allemand, a été diagnostiquée "hystérique", et a la réputation d'être agitée et violente. Lors de ses séances avec Jung, elle expose une jeunesse gâchée par les humiliations et une composante sexuelle sado-masochiste. Grâce à leur correspondance, Jung parvient à une grande complicité intellectuelle avec Freud, sur le cas de Sabina. Freud demande à Jung de traiter un collègue, Otto Gross, toxicomane et amoraliste impénitent. Sous son influence, Jung va balayer sa propre éthique et se laisser aller à son attirance envers Sabina. C'est le début d'une liaison dangereuse dont les conséquences vont être aussi inattendues que fondamentales.
Genre :
DRAME
Date de sortie :
04 janvier 2012
Réalisé par :
David Cronenberg
Avec :
Keira Knightley, Michael Fassbender, Viggo Mortensen
Critique du Soir
(Avis de la rédaction)
Avec A dangerous method, David Cronenberg met en scène la rencontre professionnelle entre Freud (Viggo Mortensen) et Jung (Michael Fassbender), qui considère son aîné autrichien comme une figure paternelle. Peu à peu, la relation se dégrade, Jung jugeant réductrice l'obsession sexuelle de Freud, ce dernier considérant les méthodes de Jung comme fantaisistes.
Mais l'intérêt du film tient en son troisième personnage : Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente internée en 1904 dans le centre de Jung, alors qu'elle est en proie à de violentes crises de démences. Sabina, qui se soigne à coup de confessions et révèle son plaisir masochiste pour les situations d'humiliations, relève peu à peu la tête. Devient collaboratrice de Jung. Déploie un charme aussi sauvage que naturel. Et l'on assiste alors à un étonnant transfert. Marié à une femme tendre, qui laisse sa sexualité quelque peu en rade, Jung n'est pas insensible aux discours d'Otto Gross (Vincent Cassel), médecin prônant l'amour libre, et il finira par céder aux sirènes de la passion amoureuse.
La force du film tient en son ton : sobre, subtil. Teinté en somme d'un romantisme d'autant plus contagieux qu'il est discret, sans emphases. Et très remuant.
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