Sacré George Lucas, qui tourne en rond à force de rentabiliser son fonds de commerce. Le voilà qui gonfle en 3D la première rencontre entre Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker, futur Darth Vader et père de Luke. En post-prod', puisque le film n'était pas conçu de la sorte en 99. Résultat : le relief y est un gadget plutôt qu'un outil servant la dramaturgie. Tout au plus perçoit-on ici et là un peu mieux la profondeur de champ. Notamment lors des combats dans l'espace, et dans les scènes urbaines comme cette vertigineuse arrivée à Coruscant. Mais quand l'action s'emballe, pendant la course de podracers par exemple, en 2D ou en 3D c'est kif.
Tout ça ne change rien à ce qui faisait l'intérêt ou le désintérêt de cet épisode initial de la saga galactique. La profusion d'effets numériques lui donne des airs gênants de jeu vidéo. L'abondance de créatures suscite plus d'idées de merchandising que l'imagination du spectateur. Rappelons aussi le manque d'humour, en tout cas celui que nous valait la confrontation Mark Hamill/Harrison Ford dans l'épisode 4 (sorti en 1977). Et last but not least : ce Jar Jar Binks, l'un des personnages les plus débiles jamais inventés par un scénariste. En plus d'avoir été animé par un manchot. Certes, l'intrigue se joue toujours sur plusieurs niveaux et emprunte aux mythes de toujours. Les costumes sont un régal pour les yeux. Et l'humaniste qui dormait dans l'ado des années 80 a enfin la réponse à cette angoissante question : mais que faisait Darth Vader avant de jouer les Témoins de Jéhovah pour le Côté Obscur de la Force ?
(par DIDIER STIERS - édition du 08/02/2012)