On retrouve sur ce CD la même distribution que pour les concerts de ce mois d'avril et dès le choeur d'ouverture, un dynamisme s'impose au travers d'une scansion accentuée de la mélodie. D'évidence, on est au théâtre et cette dimension n'est pas la moindre surprise provoquée par cette version de chambre du chef-d'oeuvre de Bach. Très vite, les interventions de l'Évangéliste (l'excellent Hans-Jörg Mammel) imposent quelque chose d'évident dans le récit des événements dans lesquels se fondent naturellement les interventions des autres protagonistes, à commencer par le Christ très humain de Matthias Vieweg. Nous n'assistons plus à une cérémonie, nous participons à une action vécue par des hommes et des femmes qui nous racontent avec un naturel confondant. Les interventions chorales y gagnent un réalisme fou dans les choeurs d'ambiance, une ferveur recueillie dans les chorals. C'est que ce choeur est tout sauf un ensemble de solistes. Ce qui frappe dans cette vision d'une rare intensité, c'est combien, en dépit de ses effectifs réduits, elle n'est jamais minimaliste. Parce qu'elle sait rester intime, à hauteur d'homme. Et, après tout, c'est sans doute cette dimension qui nous parle le plus dans l'exécution des Passions.
ENTRETIEN avec Philippe Pierlot.
(par S.M. - édition du 13/04/2011)