Autopsie d'un Meurtre par CinemaMonAmour
Les films noirs américains ont souvent approfondi leur langage nouveau par la musique de jazz, dont les notes s'accordaient à leur atmosphère enfumée, au contraste dur du noir et du blanc, à l'exubérance soudaine d'une rue ou d'un club, à la recherche désespérante d'un avenir de plus en plus lointain. Un très beau coffret de cinq CD vient montrer combien l'adéquation du film noir et de la note bleue était parfaite. Sept films dans ce coffret, sept BO. Dont l'écoute sans le support de l'image prouve combien, si les partitions ajoutaient à l'ambiance du film, elles se suffisent aussi à elles-mêmes.
On trouve là la musique d'Axel North pour
Un tramway nommé désir d'Elia Kazan, de Leith Stevens pour
Ici brigade criminelle de Don Siegel, d'Elmer Bernstein pour
L'homme au bras d'or de Preminger, d'Elmer Bernstein et Chico Hamilton pour
Le grand chantage d'Alexander McKendrick, de Henry Mancini pour
La soif du mal d'Orson Welles, de John Lewis pour
Le coup de l'escalier de Robert Wise et de Duke Ellington pour
Autopsie d'un meurtre de Preminger encore.
Un livret passionnant accompagne le coffret. Mais ce qui compte, c'est la musique. Ecoutez tout, tout vaut la peine, des percussions de Chico Hamilton aux musiques pop de Mancini. Ecoutez surtout le jazz sophistiqué de John Lewis, du Modern Jazz Quartet, avec Bill Evans et Jim Hall. Et la partition sublime du Duke, dont c'est certainement un des meilleurs albums.
(par JEAN-CLAUDE VANTROYEN. - édition du 13/06/2012)