Solis Lacus, c'était le nom du groupe et le titre de l'album. Le pianiste Michel Herr l'avait enregistré en deux parties. Première prise en 1974 avec le batteur Félix Simtaine, deuxième prise en 1975 avec un autre batteur, Bruno Castelucci. Et avec eux, Richard Rousselet à la trompette, Robert Jeanne au saxophone et Nick Kletchovsky à la basse. C'était le premier album enregistré par Michel Herr avec ses propres compositions. Il était devenu introuvable. Le label Heavenly Creatures l'a ressorti. Félicitations : c'est un grand disque, et qui fonctionne toujours, suffit d'écouter "Utopic Cities" ou "Little Green Man" pour s'en rendre compte : ce jazz fusion reste jouissif. Et si Weather Report est une étape dans l'histoire du jazz, Solis Lacus aussi. "Je trouve cette réédition sympathique, dit Michel Herr. Ce sont des Français, qui adorent cette musique des années 70, qui m'ont demandé la permission de ressortir l'album. J'ai donné mon feu vert." Et nous revoilà dans cet univers de science-fiction ("Je ressentais le besoin de mettre de l'imaginaire sur la musique, parce que ça excite l'imagination"), dans cette musique qui ouvre des couleurs et des espaces. Michel Herr l'a-t-il réécouté ? "Non, je ne réécoute jamais mes albums. Mais je les ai tous mixés, donc je les connais tous par coeur." Pour le pianiste, ce Solis Lacus est un jalon dans une histoire. Pour moi, c'est un coup de coeur.
(par JEAN-CLAUDE VANTROYEN - édition du 25/07/2012)
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