Alors qu'il se bat toujours contre un cancer du colon, la légende de la soul, Bobby Womack (68 ans), sort un 27e album studio à arracher des larmes. Produit par Damon Albarn (rencontré autour du Plastic Beach de Gorillaz) et Richard Russell (c'est le patron de XL qui avait produit le dernier de Gil Scott-Heron), The Bravest man in the universe rappelle dans l'esprit en tout cas, l'exceptionnel travail de Rick Rubin avec Johnny Cash il y a une vingtaine d'années.
La production minimaliste et moderne est avant tout au service de la voix du maître. L'unique guitare acoustique à la "Redemption song" sublime "Deep river", ce son quasi Massive Attack habille "The Bravest man in the universe" ou ces notes de piano irréelles hantent l'autobiographique "Please forgive me". Des samples (Gil Scott-Heron ou Sam Cooke) et des invités (la Malienne Fatoumata Diawara et Lana Del Rey) font le reste en cerises sur le gâteau. Avec la vie mouvementée (addiction, vie privée turbulente...) qui fut la sienne, on sent qu'avec ce disque, Mister Bobby recherche paix et apaisement. Mission formidablement accomplie.
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