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Female Factory
L'avis du Soir
Female Factory. Le nom claque. Il évoque Andy Warhol, bien sûr, mais aussi une usine, et les femmes, voire les "femelles", en français. Et ça, ça dérange un peu, non ? "C'est drôle que vous disiez ça, commente Roel Rijssenbeek, organisateur de l'événement. Ce nom m'a valu tout un débat avec mon épouse ! Il n'a pas du tout la même connotation en néerlandais. Nous l'avons préféré à women, qui contenait selon nous trop de revendications."
Car si l'affiche du Female Factory rassemble exclusivement des artistes femmes, l'événement ne se place pas du tout dans une démarche revendicative, mais bien esthétique. "L'idée est de faire entendre différentes voix féminines, poursuit Roel Rijssenbeek. De montrer comment les différentes disciplines artistiques (expo, théâtre, musique...) se croisent, au féminin." L'autre envie du festival est de s'intégrer dans la ville. Pas de chapiteau géant donc, mais l'utilisation des salles à taille humaine de la commune d'Ixelles : le théâtre Marni, le C.C. Elzenhof, Flagey, le Musée d'Ixelles, etc.
Au programme vendredi et samedi, des chanteuses, des DJ (DJettes ?), des comédiennes, rassemblées par leur féminité. "C'est une belle initiative, qui met les femmes en valeur sans les limiter dans un seul genre musical, commente Geike (ex-Hooverphonic). La musique est un monde où il y a beaucoup de testostérone, on est toujours entourée par des hommes. Ceci dit, je pense que c'est comme ça dans toutes les professions. Quand verra-t-on une femme Premier ministre ?"
"Dans le milieu folk, je pense que les femmes ont bien trouvé leur place, nuance Clare Louise, qui mentionne notamment Patrick Watson ou Piers Faccini au rang des hommes capables de composer des choses très délicates. Je suis heureuse de participer à ce festival car j'aime beaucoup les voix féminines, mais je n'y mets pas de revendications. C'est simplement une richesse d'être réunies."
Lady Linn, elle, s'entoure carrément de sept hommes sur scène. "Mais je les ai choisis moi-même, ils sont tous très gentils, dit-elle en éclatant de rire. Être une femme apporte aussi des avantages : en tournée, j'ai ma propre chambre !" Puis, plus sérieusement : "Je pense que quand tu es une fille, tu as plus de choses à prouver avant d'être prise au sérieux. Moi, ce sont des garçons qui m'ont motivée à faire de la musique. Je pense qu'ils osent plus, que les filles sont plus timides. Mais ça peut changer !"
Geike, dans le milieu depuis treize ans, a d'ailleurs déjà constaté une évolution : "Le changement doit se faire tous ensemble, avec les hommes." Pas de revendication, non, mais un rappel bienvenu.
ADRIENNE NIZET
(édition du 20/06/2012)
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