En arrivant au terme de ce formidable et magnifique film consacré à l'ex-Beatle, l'ancien Monty Python et réalisateur Terry Gilliam n'est pas loin de dresser le portrait définitif de George Harrison. "Tout ce qui a trait à la course, voiture, motos... Puis le monde de la musique, du cinéma, celui des acteurs, il y avait toujours une foule de gens merveilleux faisant semblant d'être adultes, s'emballe le réalisateur de Brazil. C'était vraiment drôle et on gloussait, ravi qu'on était d'être là."
À travers tous les témoignages et Dieu sait s'ils sont nombreux (Phil Spector, Paul McCartney, Tom Petty, Olivia Harrison, Ringo Starr...), on découvre ou redécouvre l'humanité qui habitait un des citoyens les plus célèbres de Liverpool. On voit même un Ringo Starr au bord des larmes lorsqu'il rend visite pour la dernière fois à son ami qui, malade, achevait sa vie dans un lit d'hôpital en Suisse. Alors que le batteur des Beatles s'excuse de ne pas rester plus longtemps parce qu'il doit rejoindre Los Angeles pour être au chevet de sa fille, opérée d'urgence au cerveau, George lui dit : "Tu veux que je vienne avec toi ?" "Ce sont les derniers mots qu'il m'a dits" conclut Ringo Starr, encore bouleversé par le souvenir de cette anecdote.
C'est en 1992 que Martin Scorsese rencontre une nouvelle fois Harrison lors d'un concert hommage à Bob Dylan au Madison Square Garden. Les deux hommes parlent cinéma. Et évoquent HandMade Films, la boîte de production montée par Harrison pour produire La vie de Brian des Monty Python. À la différence de No direction home, son film sur Dylan (voir ci-contre) qui se focalisait sur une période bien précise de la vie du grand Bob (de 1960 à 1966), c'est toute la vie de l'ami d'enfance de McCartney que retrace Scorsese, en collaboration avec Olivia Harrison (la veuve de George).
Sur le premier des deux disques (94 minutes), nous suivons le petit George de sa naissance à Liverpool le 25 février 1943 jusqu'à la séparation des Beatles en 1970. Revoir les images de la Beatlemania est déjà un plaisir. Mais avec les témoignages des acteurs de l'époque et de nouvelles images, le plaisir est décuplé.
La deuxième partie (114 minutes) débute avec l'enregistrement de All Things Must Pass, son album solo. Le plus passionnant est sans doute le long passage sur Harrison en Inde à la recherche d'une vie spirituelle. On y voit des images du concert pour le Bangladesh, un Harrison sans voix en tournée en 1974 ou en studio avec les Traveling Wilburys.
Si certains passages sont à mourir de rire (la visite des Hell's Angels au quartier général d'Appel), d'autres, comme la fameuse nuit de 1999 où Harrison est agressé dans son sommeil par un dingue, sont terrifiants. Au final, on regrette juste de ne pas l'avoir connu. George devait être bien plus qu'un chouette copain...
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