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Biographies d'ombres
Critique du Soir
  (Avis de la rédaction)



Sur la pelouse d'un vert éclatant, un homme, une femme et leur fille prennent le soleil. De part et d'autre de la pelouse, de grandes baies vitrées. Celles des maisons du quartier d'où les voisins peuvent les observer. Parmi ses voisins, il y a nous, spectateurs. Avec "Biographies d'ombres", Isabelle Pousseur, qui met en scène ce texte de Lars Norén, nous transforme en voisins voyeurs. Chaque jour, nous côtoyons des gens qui vivent à deux pas de chez nous. Nous ne savons pas grand-chose d'eux mais nous échafaudons des histoires, des suppositions.

C'est exactement ce que nous sommes invités à faire ici. L'homme semble très malade mais nous ignorons de quoi il souffre. Un quatrième personnage apparaît : le fils. On comprend qu'il a été longtemps absent mais on ignore pourquoi. Par petites touches, jouant sur les flash-back, les allers-retours entre présent, passé et futur, Norén nous livre quelques éléments de la biographie de ces gens sans importance. Une passion pour le moto-cross qui a uni le père et le fils, une voiture que le gamin a pu conduire sans permis, une relation peut-être ambiguë avec la fille, un lit d'hôpital pour une impossible réconciliation... Rien n'est sûr, rien n'est même suggéré. Norén se contente de livrer quelques bribes de vie, laissant à chacun le soin d'échafauder son histoire. L'énigme, elle, demeurera. Nous ne saurons jamais ce qui a brisé cette famille qui fut apparemment unie.

L'univers visuel et sonore de Michel Boermans, à la fois responsable du son, des images et de la scénographie, nous transforme littéralement en voyeurs. Les quatre protagonistes agissent sous nos yeux tandis que leurs ombres se matérialisent petit à petit sur les baies vitrées. Mais ce ne sera que pour mieux disparaître à nouveau : insaisissables, sans importance, oubliables.

Isabelle Pousseur met en scène cette énigme sans enjeu avec beaucoup de délicatesse, dans un espace très lumineux, bien loin du clair-obscur auquel on pourrait l'associer. On est un peu dubitatif sur le jeu un brin trop théâtral de Philippe Grand'henry (le père) et Arieh Worthalter (le fils) dans la première partie. Ils sont par contre formidables l'un et l'autre par la suite tout comme Emilie Maquest (la fille) et surtout Catherine Salée (la mère). D'une éblouissante justesse de bout en bout, celle-ci ne semble jamais jouer, se "contentant" d'être, tout en petits gestes, mots esquissés, murmures, hésitations... Du grand art qui parvient à se faire totalement oublier pour ne plus laisser devant nous que les traces d'une mère, d'une épouse, d'une femme, tentant de maintenir un semblant d'unité dans une famille déchirée.

JEAN-MARIE WYNANTS

 
(édition du 02/05/2012)
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