Personne ne l'attendait, tout le monde théâtral aujourd'hui le connaît. Dominique Bréda nous a d'abord pris par surprise avec "Emma", seul-en-scène qui a tourné dans toute la Belgique, avant de produire une ribambelle de comédies, "Hostiles", "Le groupe" ou encore "Purgatoire", sans doute la plus réussie. Et voici "New York". L'auteur y refait le même coup qu'avec "Emma" : nous faire trébucher par surprise dans l'émotion tandis qu'on se prélassait tranquillement dans le registre de la comédie.
Le contexte n'est pourtant pas jojo : Max, 35 ans, est obnubilé par le suicide de son père, il y a 20 ans, c'est-à-dire à l'âge qu'il a aujourd'hui. Ressassant ce drame, il campe dans la gare, désormais désaffectée, où son père s'est jeté sous un train. Sous l'effet de la drogue ou de l'alcool, on ne sait, Max ressuscite ce père à l'aide de son imaginaire pour tenter de comprendre cet acte qui a fait basculer leurs existences. Sauf que ce petit jeu hallucinatoire va lui échapper, convoquant un autre personnage, un curieux chef de gare, naïf et envahissant de serviabilité. Dans ce rôle, Emmanuel Dekoninck distille une irrésistible légèreté en fantôme sacrément entreprenant. Le trio, avec Alexis Goslain et Alexandre Crépet, roule sur des rails impeccables, avec quelques escales surréalistes, passant par Mickey Mouse et Franck Sinatra.
Non dénués de passages un peu convenus, la pièce devrait faire fondre les coeurs d'artichauts, fans de "Ghost" et autres histoires sentimentales de revenants. Avec heureusement une fameuse dose d'humour cynique en plus.
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