Ce texte d'Eve Ensler est devenu, depuis sa création en 1996, l'étendard des féministes. Si, en 2012, vous n'avez pas encore vu ce succès planétaire, c'est qu'il vous reste une sérieuse lacune dans vos classiques. Courez-y ! Il faut entendre ces trois femmes parler à leur vagin, révéler les petits noms dont elles l'affublent, répertorier les gémissements dont il est capable, avouer ses fiascos et ses Everest.
Par contre, si vous avez déjà goûté à la chose, cette version africaine renouvelle peu la formule. Malgré l'exubérante toison afro sur la tête d'Ana Sene Sarr, et les quelques pas de danse chaloupés en guise de transition, cette variante reste assez sobre, presque dans la retenue. L'ambiance devient même grave quand Bwanga Pilipili entame un solo poignant, ajout récent de l'auteur sur les violences commises à l'encontre des Congolaises. La comédienne y raconte le destin d'une jeune femme violée par des soldats.
Même si l'ensemble reste assez languide, on savoure cette pièce qui revendique, explore et célèbre le corps féminin sans tabou ni complexe.
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