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Paix nationale
Critique du Soir
 (Avis de la rédaction)
Geneviève Damas interroge l'actualité de notre pays et son lot quotidien de tensions communautaires. Si elle titre sa nouvelle pièce Paix nationale, c'est tout sauf une histoire pacifique qu'elle y dévoile. Elle imagine au contraire notre pays irrémédiablement fissuré. Même si elle ne nomme jamais la Belgique, on reconnaît aisément le Nord et le Sud dans cette histoire de territoires en guerre : Ici et Là-Bas. Après une difficile cohabitation, Là-Bas a fini par larguer les amarres, en emportant la mer, ne laissant qu'un grand trou à sa place. Ici s'étend désormais à perte de vue, parsemé de "camps de réacclimatation". Dans l'un d'eux, Monsieur Bril, un de Là-Bas, abandonné sur place par les siens, doit partager son espace vital avec Mimi, une rescapée du Centre.
Prix Rossel 2011 pour son roman Si tu passes la rivière, Geneviève Damas revient donc ici au théâtre (on lui doit le bondissant Molly à vélo notamment) avec une apocalyptique vision futuriste de notre Belgique.
Une vision largement surréaliste aussi dans ce camp à la Big Brother, géré par une voix invisible, où l'on doit, pour gagner sa croûte, trier des montagnes de choux de Bruxelles, séparant les choux verts des verts choux. Dans leur kit de survie, on leur a laissé un paquet de biscuits (bleus pour les garçons et roses pour les filles) et un livre, Le petit dictionnaire Larousse de 1975 pour lui et L'Art de plier les serviettes de table pour elle. Si quelques pointes d'humour épaulent le duo de comédiens (Geneviève Damas et Alexandre von Sivers), le texte s'avère assez naïf, et le rythme fort mou. Elle arbore un lancinant accent mi-bourgeois, mi-britannique. Lui joue plutôt les bougons un peu rustres. Largement antinomiques, tous deux finiront de manière très prévisible par s'entraider, et même tisser une certaine complicité, tandis qu'un troisième personnage viendra les souder, esquissant un avenir plus optimiste. On fait difficilement plus convenu.
CATHERINE MAKEREEL
(par W.M. - édition du 09/05/2012)
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